Mer Ionienne - Le 28/06/2014

21h00, il est temps de quitter Malte pour la grande traversée vers la crête, à bord du trans-ionian limited ! Dernier tour à La Valette pour voir le port depuis la mer (qui a encore plus de gueule comme ça) avant de décoller.

 

 

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Le temps de hisser les voiles, et l’ile magique disparait :  4 jours à travers la mer Ionienne s’étalent devant nous !

 

 

 

 

Pêcheur-farceur :

 

La nuit tombe et on commence à discuter des différents feux de navigation. Un bateau à moteur avec deux feux rouges superposés s’apprête à couper notre trajectoire. Dani, qui l’observe à la jumelle, nous dit qu’il ressemble à un bateau de pêche. Je lui dis, un peu fier d’apporter quelque chose dans ce tas de marins expérimentés, que normalement un bateau de pêche à un feu vert ou rouge sur un feu blanc.

 

Le bateau passe sur notre bâbord. Il vérifie de nouveau à la jumelle : « C’est bien un bateau de pêche », dit-il, « je vois un filet rangé derrière ». Bon ok, entre la théorie et la pratique…Nous nous rasseyons tranquillement.
Soudain, éclair de génie. Dani me lance un regard, il a compris aussi : C’est un remorqueur !
Pour confirmer notre doute, une énorme masse noire surgit soudainement sur notre droite. Il donne un coup de volant juste à temps pour éviter que le câble en acier qui traine nous coupe en deux. Nous longeons maintenant un parc à poissons d’une 30aine de mètres, à peine éclairé par deux petites loupiotes jaunes faiblardes.
On aime bien l’action ici.

 

 

Raw Prawn VS Badass fish :

 

On distribue les gardes pour la nuit, et je tombe sur mon heure de prédilection : de 4h à 6h du matin.

Je commence à avoir mes habitudes : à 5h25 je suis en équilibre sur la proue, un café à la main et les pieds au dessus de l’eau pour voir le soleil se lever.
5h30 – Le soleil se pointe pépère quant un cliquetis retenti : la traine se met à défiler de nouveau !

 

Je tente de quitter mon observatoire. Comme un con je me renverse le café brulant directement sur les pieds. Le temps de traverser le bateau en clopinant, Marcel est déjà en train de rembobiner le fil…
Pour pouvoir remonter le poisson sans risquer de casser la ligne, il faut stopper le bateau. Mais comme on est à la voile, ça signifie tout affaler, et se mettre en face du vent (qui vient par l’arrière).

 

On commence le demi tour, puis on affale le foc (ne pas prononcer fuck). C’est ce moment précis que choisi la drisse de foc pour se décrocher et nous tomber dessus. Dans le même temps, Marcel qui tente d’orienter la canne avec la rotation du bateau se prend les pieds dans le câble d’alim du GPS, tandis que la traine file se coincer dans l’hélice.

 

On fini donc sans foc, sans moteur et sans GPS.

 

Bad-ass fish 1 / -3 Raw Prawn.

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En plus, ici, pas de sos apéro…

 

Le foc est facilement réparable, mais il va falloir aller dégager le fil coincé dans le moteur. On est au milieu de nulle part, aucune ile à l’horizon, et sans moteur pas moyen de manoeuvrer si quelqu’un tombe à l’eau…

 

La seule manière de remettre le moteur en marche est de plonger et couper les fils qui entourent l’hélice. Le bateau n’avance plus, mais les courants rendent la tâche légèrement difficile.

 

Comme je suis le nouveau, je suis tiré au sort d’office…

 

Je plonge vers l’avant, suit la coque de la main, contourne la quille, trouve le passage de l’hélice et réussi à poser les pieds en équilibre sur le safran. De cette manière j’ai l’hélice juste en face et je suis calé pour contrer le courant.

 

Ouf !

 

Un rapide coup d’oeil aux dégâts : Plusieurs mètres de ligne forment un sac de noeud bien drôle à découper…Je tente de sortir le couteau, mais mes pieds dérapent car le safran à changé d’orientation sous le poids. Je suis aspiré vers l’arrière. On recommence ! De nouveau en position, je commence à couper les fils. En 30 secondes, plusieurs mètres se libèrent facilement et partent vers l’arrière.

 

Je continue.

 

1 minute. J’ai l’impression que si j’oriente mal la lame du couteau, celui-ci va s’échapper dans le courant et venir se planter directement dans ma couenne.

 

Je commence à manquer d’air.

 

1 minute et demi, L’hélice est maintenant dégagée. Il reste du fil autour de l’axe mais ce n’est pas gênant, le moteur va pouvoir repartir. Je n’ai plus d’air de toute façon. Je lâche prise et commence à filer vers l’arrière…quand quelque chose me retient !

 

La ligne à fait une boucle sur le safran, et autour de ma jambe !

 

Je me tortille comme un poisson dans le courant. Coup de panique. Heureusement, j’ai le couteau. Je me redresse comme je peux le long de ma jambe pour atteindre le fil : 20cm…10cm…je coupe, c’est bon ! Dans l’élan, je lâche le couteau, qui suit tranquillement la courbe du courant et viens se planter directement dans ma cuisse…

 

Voilà, une entaille gratuite dans le jambon, et une cicatrice en souvenir !

 

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